Répondre à : Maman épuisée . A court d’idee
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Bonjour Neela,
Tout d’abord, je voudrais vous redonner énergie et espérance. Ce que vous entreprenez n’est pas vain. L’éducation est un éternel recommencement. N’abandonnez pas. Tout ce que vous mettez en place pour le bien-être de votre enfant est porteur d’un avenir meilleur même si vous en doutez.
Avez-vous l’occasion d’être relayée pour pouvoir vous reposer ? Je pense que, dans votre cas, c’est essentiel pour pouvoir vous ressourcer et ensuite vous reprojeter.
Continuez de croire en vous, de vous intéresser à la singularité de votre enfant : c’est dans cette dèmarche d’ouverture que vous tricoterez divers conseils ou astuces qui feront la parure unique de votre zèbrillon.
Je n’ai hélas pas de solution miracle mais je sais qu’en mettant bout ã bout plein de petites choses sur la continuité on contribue au mieux-être de ces enfants si singuliers.
Jusqu’à 7 ans, mon petit-fils, THPI, était dans le cas de votre enfant. Malgré le fait que nous nous relayions avec ma fille, nous étions épuisées. Nous n’en voyions pas le résultat car tout était toujours ã refaire.
Aujourd’hui, cet enfant a 9 ans. Il est on ne peut plus épanoui. Jamais je n’aurais pu croire que ce soit possible il y a seulement un an de cela ! Sa transformation s’est faite sur environ 6 mois !
J’ai beaucoup réfléchi à ce qui l’avait fait grandir ainsi. C’est là que j’ai compris à quel point tout ce que nous avions mis en place et mutualiste inlassablement entre nos deux familles ėtait crucial.
Je souhaite qu’il en soit ainsi pour votre enfant.
Il est normal qu’une maman de HP craque à un moment où un autre. Vous êtes dans un creux mais vous n’êtes pas seule et je vous assure que tout ce pour quoi vous œuvrez ne sera pas vain. On ne peut pas tout pour ses enfants, on ne fait pas forcément toujours bien mais ce qu’on leur donne de meilleur est utile et inévitablement çà les construit.
En attendant, il est précieux de l’écouter (le problème étant que ces enfants monopolisent déjà souvent la parole en famille🤫…), de le prendre en considération et de discuter avec lui (ce que vous faites déjà😉.
Questionnez-le : Qu’est-ce qui le contrarie ? Pourquoi ressent-il de l’injustice ? Est-ce si injuste que ça ? Peut-il relater les faits ? Qu’attendait-il des autres ? S’il devait situer son niveau de souffrance, quel chiffre donnerait-il entre 1 et 10 (puis faites une courbe d’évolution) ? A quel endroit du corps ressent-il cette souffrance ? Ça lui fait quoi ? Comment faire en sorte d’apaiser cette souffrance ? Comment faire en sorte que ça ne se reproduise plus ?
Expliquez-lui que face aux difficultés on a 2 choix, soit se lamenter, soit essayer de trouver des solutions (grâce ã la répétition de cette astuce au quotidien, nous avons beaucoup aidé notre enfant à dépasser ses pensées limitantes).
Au début, à attendez-vous à des objections et reformulez votre philosophie jusqu’à faire en sorte qu’il y ait ouverture d’un dialogue.
Que pourrait-il faire pour améliorer sa situation ?
Et vous, que lui proposez-vous dans tel et tel cas ?
En cas d’échec de ce qu’il a mis en place comme stratégie, posez-lui la question : qu’est-ce qui, selon lui, n’a pas fonctionné ? Ça vient de lui, des autres, des deux côtés ? Est-ce un comportement qui a été mal perçu, une gestuelle, la façon de poser la voix, le regard, la différence de vocabulaire, les centres d’intérêts divergents, son raisonnement, son jugement, son point de vue ?
Banalisez l’échec : un échec, ça arrive ã tout le monde. Ça permet de prendre en compte ce qui ne va pas et de modifier ensuite son comportement. C’est comme cela qu’on grandit. On a tous eu des ėchecq. Ça n’est pas grave en soi. « On apprends pas par l’erreur » a dit… (Au fait, qui est ce savant ?… C’est l’occasion pour votre enfant de faire une recherche sur lui, de répondre à sa curiosité insatiable🤪 et d’oublier tous les soucis !).
Dites-lui qu’ã vous deux vous formez une équipe : vous comptez sur lui pour qu’il s’appuie vos conseils ou sur la parole donnée et réciproquement. En s’appuyant sur vos conseils, il va gérer lui-même certains conflits mais en revanche, en cas de gros problème, vous serez là pour l’épauler.
Valorisez votre enfant ã la moindre occasion. Lors du coucher, faites le point sur ce qui a été positif au cours de la journée. Dites-lui de se féliciter pour chacune de ces actions, si minimes soient-elles.
Serrez-le fort contre vous à la moindre occasion, parlez-lui d’amour, crėez un climat de complicité (difficile quand on est éreintėe) car ces enfants, plus de tout autres, ont besoin de renforcer l’estime d’eux-mêmes.
Il doit savoir que vous avez confiance en lui : s’il n’a pas encore rencontré de copains c’est parce que ceux qu’il a côtoyés jusque-là ne lui correspondent pas et ça n’est certes pas de sa faute.
A un moment propice, expliquez-lui ce qui le différencie des autres au niveau de son mode de pensėe, de sa rapidité d’esprit, de sa curiosité. Dites-lui aussi qu’il n’est pas plus différent que les autres ne le sont de leur côté. C’est précisément ce qui fait la richesse du monde. D’ailleurs, en quoi sont-ils différents de lui ?
Faites-lui rencontrer des adultes cultivés et passionnants.
Il est triste ? Aidez-le à penser autrement en approfondissant son schéma de pensėes de façon à lui faire adopter une autre attitude (Sais-tu ce qui te mets dans cet état de tristesse ? Comment faire pour changer cette situation ? Arrives-tu à expliquer tes émotion ? Où ça se passe dans ton corps ? Ça te fait quoi ? Si tu devais me parler de passé, de présent, de futur, que me dirais-tu ?, etc, et ouvrez ainsi le débat etc) ou alors faites diversion et amusez-vous : inventez une chanson où chacun finit la phrase de l’autre, racontez n’importe quelle histoire qui paraisse bien réelle puis éclatez de rire, faites une bataille de polochons, mettez-lui un peu de chocolat sur le bout du nez à l’occasion d’une recette de cuisine, partez faire du vélo, etc.
Voyez-le comme un enfant de son âge car, avec toutes les contraintes inhérentes aux zèbres, nous avons tendance à l’oublier.
Avez-vous pensé au thėâtre ?
Croyez très fort aux bienfaits de vos actions.
Moi, j’y crois pour vous et, ã défaut baguette magique ou de 🧙♂️ sur ce chemin caillouteux des zèbres, je vous transmets ma petite étincelle de vie, si petite soit-elle, pour vous permettre d’avancer encore et toujours.
Courage ã vous en attendant de vos nouvelles.
Cordialement
