Répondre à : besoin de conseil sur enfant sans copains à l'école en souffrance
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Je suis désemparée… au bout du rouleau… je me sens nulle en temps que mère de ne pas trouver les clés pour aider mon fils.
Il va de plus en plus mal.
Je l’ai trainé (c’est bien le mot) à la journée portes ouvertes ASEHP. La catastrophe. Il a fallu partir au bout d’une heure et même l’animatrice n’a pas su trouver les mots pour l’apaiser. Il n’a même pas voulu essayer d’aller vers les autres… échec total…
Côté activité, je l’ai inscrit à un club d’échec le mercredi après-midi et il est content sauf qu’il est avec des débutants et qu’il trouve qu’ils n’apprennent pas les “coups” assez vite. Alors il regarde comment joue le prof et c’est comme ça qu’il apprend de nouveaux coups. Il s’est juste permis de dire à ma mère qui le garde le mercredi après-midi : “tu m’amènes la-bas pour te débarrasser de moi”. je lui ai donc expliqué que c’est quand même plus sympa de faire une activité plutôt que de rester avec sa vieille grand-mère tout seul. Il m’a trouvé très méchante avec ma mère de dire cela.
A l’école, c’est la catastrophe. J’arrive encore à l’y amener mais je ne sais pas pour combien de temps. IL ne supporte pas sa maîtresse et quand il me raconte les réflexions de la maîtresse, je suis outrée. Elle lui crie dessus en permanence, l’humilie devant les autres : “mon Dieu, mais regardez les droites perpendiculaires de D.” en montrant son cahier à toute la classe, elle ne l’interroge que quand il ne lève pas le doigt : “alors, qu’est ce que D. a à nous dire aujourd’hui sur le sujet ? oh, il ne sait pas pour une fois !” et j’en passe. Déjà qu’il se trouve nul, pense redoubler (alors qu’il travaille super bien) et a une estime de lui équivalent au niveau de la mer… J’ai demandé à la seule maman que je connais si son fils lui parlait de se qui se passait à l’école. Elle m’a confirmé que la maitresse crie énormément et en particulier sur deux enfants dont le mien.
J’ai pris RDV avec la maitresse. je suis allée la voir. Je lui ai parlé du contexte familial super difficile à vivre (grave dépression du père) et que mon fils va tellement mal entre la maison et l’école qu’à 8 ans il me parle de suicide : “j’en peux plus de cette vie de merde, je vais aller me jeter sous les roues d’une voiture” et je l’ai rattrapé au portail ! Elle m’a dit qu’effectivement mon fils ne souriait jamais et qu’il était très négatif mais qu’elle n’avait rien contre lui. Qu’il travaillait très bien mais qu’il était turbulent et parlait tout le temps. Il a changé 5 fois de place depuis la rentrée. C’est la première fois qu’on me dit qu’il est agité alors que c’est un enfant posé et calme. Du coup, elle lui donne beaucoup de travail : exercices de CM1 et de CM2. Elle m’a dit qu’elle lui en donnait bien plus qu’à tous les autres et qu’il arrivait toujours à finir. Ce qu’elle ne savait pas c’est à quel prix ! mon fils est un perfectionniste. Bien sur qu’il finira le travail donné. Il est fatigué, stressé, il en a marre, trouve qu’il travaille trop, le rythme est celui des CM2 et il a du mal. Mon intervention n’a rien donné puisqu’elle continue à être sur son dos et il me dit : “Maman, je n’arriverai pas à tenir toute l’année, je vais péter les plombs”.
Je l’ai donc emmené chez une psychologue. je lui ai dit qu’il avait besoin de parler et moi aussi. Il avait besoin d’aide car moi, je ne trouve pas la clé. Ca s’est super bien passé : “maman, elle est trop gentille, je veux y retourner'(ouffff!). Elle lui a dit qu’elle allait lui expliquer ce qu’était un enfant HP pour qu’il arrive à comprendre pourquoi il réagit d’une certaine façon alors que les autres enfants réagissent différemment. Ainsi, il va apprendre à se connaitre et pourra anticiper ses réactions et gérer ses émotions. Il est ressorti de la consultation heureux, léger. Il a été super tout le WE.
Et puis ce soir, il était encore en pleurs au moment du coucher : “maman, je suis rasoir. ma vie est rasoir. je n’en peux plus”. Alors on a parlé longtemps, il m’a expliqué une nouvelle fois qu’il était malheureux d’être toujours tout seul et qu’il aimerait être comme tout le monde. Il se sent différent et ça lui est insupportable : “maman, je voudrais être dans un autre corps, être quelqu’un d’autre mais pas moi. Moi, je suis rasoir”. Je lui ai dit que je ne partageais pas son avis, que je ne le trouvais pas rasoir mais que je pouvais comprendre son ressenti car je ressens la même chose que lui. Je lui ai dit ce que je n’avais jamais raconté c’est que je ne me trouve pas intelligente du tout mais que je trouve juste les autres bêtes. Au boulot je m’énerve car je ne comprends pas que les autres ne comprennent pas aussi vite que moi. ‘tu vois, maman, moi c’est pareil à l’école”. Mais ce n’est pas pour autant que je ne suis pas triste de voir mon fils dans cet état et être incapable de l’aider car ne n’ai pas la solution. Il va de plus en plus mal, je le vois sombrer chaque jour un peu plus et je me sens impuissante. Que faire ?
