Répondre à : Il était une fois, une planète… avec plein de gens différents dessus…
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Bonsoir Claire,
Je viens de relire nos échanges et je suis à mon tour interpellé par vos remarques et votre expérience… au-delà des fautes dans mon lignes… mais bon. Bien que je “vive” d’un travail qui joue sur la forme, je n’en demeure parfois pas moins plus sensible au fond qu’à la forme… et j’en oublie cette dernière quand je le peux ! Et dire que je dis à mon fils de relire pour se corriger ! Ce n’est quand même pas compliqué ! Bref 😉
Vous lire me rassure un peu sur l’avenir… Vous avez trouvé la force et la motivation d’aller chercher des réponses à ce que vous êtes. C’est pas facile j’en conviens. J’ai moi-même lutté longuement pour accepter et aller vérifier lors d’un test ce que je sentais pointer avec les zébrures de Gaspard. Votre mari est exemplaire à double titre ! Vous accompagner… et ne pas lâcher. Il est vrai que moi aussi, j’arrive parfois à “désespérer” qu’Anne-Laure se pose et ne soit plus “fâcher” contre la terre entière. Disons qu’elle passe d’un état de liesse et de liberté à des moments “d’abattements” et de tristesse où la communication est “épurée”. L’embêtant est que ça arrive sans prévenir. J’ai du mal à accepter ces tsunami qui emporte tout sur son passage. Difficile de dialoguer quand cela tourne au monologue. Je m’accroche, mais c’est pas toujours facile de ne pas se noyer soi-même. Alors je patiente… Elle finit toujours par ressortir de sa caverne.
On utilise souvent cette image de “caverne” pour l’homme qui s’enferme, mais j’ai parfois l’impression que c’est l’inverse nous concernant.
Ce qui n’aide pas, c’est que nous n’habitons pas ensemble au quotidien. Certes, cela nous évite des écueils, mais cela n’aide pas non plus à trouver un rythme et assez de temps pour avoir la liberté de se poser et parler plus en profondeur. Je sais combien cela lui pèse… On pourrait envisager de se rapprocher (ce qui semble d’une évidence redoutable !), mais plusieurs raisons nous limitent aussi. Nos enfants respectifs : les miens en Andorre où ils ont des conditions scolaires et d’apprentissage de langue plutôt privilégiés, les siens (elle en a 3) qui sont attachés à leur univers. Nos vies professionnelles : moi scénographe-graphiste avec mes clients sur Toulouse et sa région, elle avec un travail relativement bien payé… mais dont elle a fait le tour et avec lequel elle sature. C’est ce point qui en ce moment lui fait se poser beaucoup de questions et peut faire basculer les choix. Nos milieux de vie : elle au bord de la mer, lieu qu’elle apprécie vraiment beaucoup et moi accros à la montagne (déjà peiné de devoir la quitter dans quelques années quand mes enfants seront en France ou ailleurs pour leurs études). Malgré tout… il va bien falloir trouver une solution et faire un choix. Difficile da balayer l’égoïsme des marques que nous avons su trouver dans nos lieux de vie. Difficile de ne pas prendre peur de “saturer” une fois ensemble car pas assez stabilisé. L’aspect financier est aussi un point important… car quitter une région et son travail avec ses enfants pour partir ailleurs est un saut vers des moments pas forcément simples. Disons que ça peut se passer comme sur des roulettes, comme être plus compliqué. J’ai besoin qu’elle soit plus posée, moins “aigue”, plus “abordable”… Cela ne semble pas très gentil de parler d’elle comme cela, mais ma sensibilité me rend trop à fleur pour réussir à passer au dessus des “grandes marées”. Je devrais pourtant y arriver, mais parfois, je trouve cela tellement “injuste” que je finis en retour par “m’agacer” et parfois voir rouge. Chose que je ne me connaissait pas. Du coup, ça aide encore moins. Mais bon… la marée finit toujours par redescendre. Mais ça commence à laisser des traces. Heureusement, elle est formidable pour tout plein d’autres moments, et d’autres choses !
Je me rends compte en fait que je parle beaucoup d’Anne-Laure et de moi… et peu de Gaspard et Juliette… Peut-être parceque cela me semble essentiel d’avoir un cadre “stable et serein” autour de nos enfants afin de pouvoir avancer avec eux, pour eux, pour nous. Gaspard décroche un peu à l’école par manque de motivation et d’intérêts. Le conseil de classe du second trimestre est tombé et le passage en seconde général est sur la sellette… Il a commencé à réagir, mais il va falloir qu’il mette les bouchées triples ! Il en est capable, mais ce n’est pas toujours facile. Je suis optimiste sur le fait qu’avoir des cheminements en zigzag est aussi une richesse et parfois salutaire, mais la société n’en a que faire… et personne ne nous attend… Encore moins ceux et celles qui ne rentrent pas dans les clous… Pour en discuter avec d’autres personnes “sensibles”, nous convenons que Gaspard sera “libres” et lui-même quand il sera sorti du système scolaire… Mais d’ici là… ! Et puis, n’est-ce pas un optimisme égoïste ou pas très clairvoyant ! Une manière de se cacher derrière un paravent pour botter en touche “le problème” ? Comment savoir s’il faut bousculer ou laisser faire… en étant moi-même pas à même d’être posé quelque part.
Situation complexe… à la fois équilibrée dans son déséquilibre… Mais là aussi, ce n’est peut-être qu’un masque.
Par où attraper la bête pour éviter qu’elle ne nous morde… ?
…
Bon… sinon, tout le reste va bien ! 🙂
Je vais laisser reposer la suite pour ce soir… comme la patte à crêpe. 😉
Au plaisir de vous lire…
Bona nit
Christophe
