Répondre à : Encore une maman perdue !
Répondre à : Encore une maman perdue !
Enfants Précoces Info › Forums › Mon enfant est-il précoce ? › Encore une maman perdue ! › Répondre à : Encore une maman perdue !
Bonjour LiliCapucine et merci pour votre message et vos sympathiques paroles.
Pour rebondir sur vos écrits, je pense que vous auriez avantage à faire un jour tester votre fille. J’écris “un jour” car désormais les thérapeutes ont tendance à s’accorder sur le fait que l’identification du HP doit être effectué quand l’enfant est en souffrance (ou commence à l’être). Il ne semble en effet pas nécessaire d’aller fouiner dans leur petite tête s’ils sont bien dans leurs baskets. Toutefois, vous êtes dans le doute, dans le questionnement, et ces interrogations méritent une réponse. Ça ne changera pas la vie de votre fille de confirmer ou infirmer vos suspicions mais ça vous permettra d’ajuster votre comportement et celui de son entourage (au sens large, famille, amis mais également et surtout, école).
L’expérience de votre mari doit vous servir comme un moteur et pas comme un frein. Sa situation et sa condition de HP ne lui ont sans doute pas été expliquées comme il se doit et il n’a pu jouir de ce statut particulier à sa juste valeur. Il est en effet fondamental de ne pas mettre trop de poids sur les épaules d’un HP. Son potentiel fait de lui un être différent mais pas une personne sur-efficiente… L’encouragement est la clé, la pression fomente en revanche sa décadence. Bourrer la tête d’un enfant avec des mythes erronés tels que “tu es HP donc tu dois tout réussir” ne fera que le confronter davantage à ses limites et souffrir de ses échecs, puisque, tout HP qu’il soit, il n’en reste pas moins humain et l’humain, par définition, a ses failles et possède ses limites. On n’a pas donné naissance à des aliens, nos enfants sont normaux, ce sont pas des êtres classiques mais bien normaux.
Le phénomène HP est effectivement héréditaire, un petit HP n’a pas forcément des parents HP et vice versa mais la probabilité est accrue…
De notre côté nous avançons, pas à pas et tant bien que mal mais ça commence à bouger. Notre fils est rongé par l’angoisse et sa phobie scolaire s’est aggravée. Malgré diverses réunions avec l’école et les différents intervenant, les mesures préconisées par la psychologue n’ont pas été écoutées. De fait, nous avons rdv lundi dans une école privée, davantage rompue et à même de prendre en charge ce genre d’enfants. C’est un gros chamboulement familial, tant financier qu’organisationnel. L’école se situe à une trentaine de km de la maison et nous devons urgemment trouver une solution pour les trajets dans la mesure où, si l’entretien de lundi se passe de manière satisfaisante, nous l’y inscrirons pour la semaine suivante !
Cet enfant est demandeur, il rêve de pouvoir suivre la classe comme tout le monde et être nourri, on n’a pas le droit de le laisser ainsi végéter.
Le bilan lodopédique a révélé une dyspraxie visuo-spatiale, apparemment très fréquente chez les HP à profil complexe. Nous devons donc maintenant réaliser un bilan orthoptique, un bilan neuro-visuel, une bilan ergo et un bilan neuro-pédiatrique. Les délais sont longs, notre résitance est mise à rude épreuve mais on n’a pas le choix, il faut aller de l’avant et venir en aide à cet enfant en détresse.
Dans l’intervalle, ma fille de 14 ans s’est confiée en me révélant qu’elle connaissait parfaitement les symptômes de son petit frère pour les subir elle-même depuis de nombreuses années. Cette révélation m’a fait l’effet d’une ras de marée. Je n’ai rien vu, rien suspecté, rien cherché à savoir, surtout, je pense.
Elle traverse également une période très difficile, je l’ai donc aussi accompagnée chez la psychologue qui a immédiatement commencé les tests psychométriques. Elle correspond en tout point aux caractéristiques du HP féminin caméléon en suradaptation. Depuis qu’elle a ouvert les vannes son état se péjore, toutefois la psy m’a expliqué qu’un-e ado qui présente un certain mal-être c’est classique, pour ne pas dire normal, alors qu’un-e jeune de 14 ans qui va toujours bien et vit constamment le sourire aux lèvres en obtempérant sans rechigner à tout ce qu’on lui ordonne, c’est suspect et inquiétant. De fait, je relativise et me rassure dans le sens où, au moins, elle exprime ces maux qui la rongent et va désormais pouvoir apprendre à se connaitre vraiment et vivre par et avec sa vraie personnalité.
Comme vous tous, j’essaie de garder la tête hors de l’eau mais ce n’est pas tous les jours faciles, la souffrance de nos enfants est intolérable mais, bien entourés, j’espère qu’elle n’est que passagère.
Courage à tous les parents démunis et, Lilicapucine, si vous le souhaitez, je reste à dispo pour papoter de tout ça ! N’hésitez pas à venir me tenir au courant de vos démarches le cas échéant !
À bientôt,
Hélène
