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Répondre à : Envie de changer de métier tous les 6 mois

Répondre à : Envie de changer de métier tous les 6 mois

Bonjour,

Je n’ai que 25 ans et pourtant le sentiment dont vous parlez me parle.
Que ce soit dans mes études ( des études dont deux licences et deux masters différents dans des domaines très diversifiés : Science, Littérature, Anglais, Droit, Philosophie, Enseignement, Musicologie) ou dans ma vie professionnelle (assistante juridique, intervenante linguistique, professeur des écoles, administratrice, garde d’enfant, productrice de musique…) je change de métier, de mode de vie, de domaine tous les ans depuis que j’en ai l’occasion. J’ai eu la chance d’être diagnostiquée jeune (10 ans) et d’avoir l’opportunité de réfléchir tout au long de mon parcours aux raisons de mes inconstances permanentes.
Comme certains d’entre vous, cela a souvent été source d’angoisse, de dépression voir de désespoir d’abord sur ma nature “Qui suis-je si rien ne me correspond durablement ?” “Est-ce que je manque simplement de persévérance ?” “Suis-je simplement fainéante ?” “pourquoi les autres y arrivent et pas moi ?” et puis bien sûr des questions d’un ordre bien plus sociétal “ai-je ma place quelque part ?” “Que va être ma vie si je ne me pose jamais sur rien ? ” “Quelle stabilité ?”…

Et en fait, je regarde les 10 dernières années de ma vie, les plus chaotiques et diversifiées au sein desquelles tous mes proches me disent que j’ai eu bien 10 vies différentes, et je me rends compte que j’ai toujours su rebondir. Je n’ai en fait jamais été dans aucune sorte de détresse en changeant, c’est quand je m’efforçais de rester, pour rassurer mes proches sur ma stabilité, pour me rassurer sur ma nature… C’est quand je me forçais à rester là où je ne me sentais plus à ma place que j’étais misérable et désespérée. Toutes les périodes de changement ont toujours au contraire été source de force, d’excitation, d’inspiration, de vie ! Je n’ai jamais été plus heureuse et animée que quand je me lançais dans une nouvelle aventure avec ses premiers émois.

Aujourd’hui – mais la vie est bien trop longue et j’ai le temps de revenir sur mes conclusions – je pense que c’est l’impression que cela est un problème qui en faisait un problème. Aujourd’hui je suis particulièrement heureuse dans mon travail, je suis intermittente du spectacle et je travaille donc sur de nouveaux projets tout le temps, avec de nouvelles personnes, sous de nouveaux modèles, et je pense que c’est probablement le premier métier que je ferais plus d’un an et demi. Mais je sais qu’il est plus que probable que même ce modèle qui me convient ne durera pas, je suis consciente que je me lasserai probablement et que je serais amenée à de nouveau changer. Et en fait, où est le problème ? J’ai effectivement la chance d’être particulièrement diplômée et donc d’avoir toujours su trouver des passerelles rapides pour “valider” mes acquis aux yeux de la société par des équivalences, j’imagine que tout le monde ne bénéficie pas de cette facilité pour vivre cette vie de chaos régulier. Cependant je sais aussi que lorsque j’étais face à une voie pour laquelle je n’avais aucun court-circuit, c’était un challenge d’autant plus excitant et que je trouvais toujours la ressource de le réaliser. Je n’ai donc plus peur de la société, car je sais que j’ai la ressource de trouver le minima de stabilité pour ne pas être dans une situation de détresse. Et j’ai soigné mon angoisse sur ma nature en l’acceptant tout simplement.
Pour ma part – pour l’instant – la solution a tout bonnement été d’accepter que je fonctionne comme cela et qu’en fait ça n’a rien de moins bien que d’autre. Au contraire, quand je raconte ma vie, j’ai l’impression de raconter un livre d’aventure, et je trouve toujours plus de sujet de conversation à avoir avec les gens que je rencontre car il y a une bonne chance que j’ai soit exercé dans un métier proche du leur soit étudié dans leur domaine.

Je vous souhaite à tous de trouver l’endroit où vous trouverez du sens là dedans, mais j’ai tendance à penser qu’il faut simplement savoir s’écouter, quand on s’écoute, on peut tout réussir, car on est au bon endroit.