Répondre à : Besoin de conseils et d avis
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Bonjour Amandine,
Au même âge que Timeo, nous avons vécu exactement les mêmes choses que vous.
C’est compliqué, désarmant, désespérant.
S’il n’y a pas de solution miracle immédiate, je vous rassure : la politique des petits porte ses fruits. Bien sûr, elle est à réajuster sans cesse et surtout, à répéter inlassablement.
Avec l’expérience et le recul, il me semble normal que votre petit n’arrive pas à gérer ses émotions lorsqu’il perd. Son cerveau ėmotionnel ne le lui permet pas. Donc, sa grande intelligence se met au service de cette insatisfaction en lui permettant de trouver des solutions on ne peut plus géniales et imparables : choisir ses cartes, monter l’escalier en premier, etc…
Si je m’adressai à Timéo directement, je lui dirai : Bravo Timéo, tu as trouvé tout seul une solution pour être sûr de gagner ! Tu es vraiment très fort. Mais vois-tu, j’aimerai réfléchir avec toi à d’autres solutions car il y en a beaucoup d’autres et quand tu les auras apprises, je sais que ça va beaucoup te plaire de jouer avec ces mėthodes.
Ouvrez le débat (et instaurez ce principe du « débat » pour tous les sujets qui mėritent d’être explorės) :
– pourquoi joue-on ensemble ?
– pourquoi gagne-t-on ou on perd-on ?
– le joueur est-il mauvais quand il perd (rassurez-le beaucoup et souvent sur ce point : non, ce n’est pas le joueur qui est mauvais mais le jeu qu’il doit mieux défendre par la connaissance des tactiques à adopter et, pour cela, vous allez l’aider)
– le jeu était-il défavorable ?
– la manière de jouer mėrite-t-elle d’être améliorée ?
– qu’a-t-il compris de ce jeu ?
– comment peut-il progresser (compréhension des règles/du jeu, persistance dans l’apprentissage jusqu’à acquisition complète de celui-ci, intelligence mise au service de cartes aléatoires initialement peu chanceuses ou, à l’inverse très chanceuses, plaisir à rechercher les meilleures solutions qui amène au plaisir de jouer)
– doit-on être premier pour être aimé (rassurez-le sur votre amour inconditionnel) ?
– qu’est-ce que tricher ?
– qu’est-ce que grandir pour lui ? Et pour vous (rassurez encore et toujours)
Chaque soir, au coucher, je vous suggère de pratiquer une séance d’EFT qui regonflera l’estime de votre petit (rituel très efficace si on le pratique régulièrement en modifiant l’approche avec ce qui s’est passé dans la journée et parfois, à alterner avec de la mėditation pour enfant, de type « Petit Bambou »).
Dans l’immėdiat, privilėgiez les jeux collaboratifs sans enjeu final.
Concernant sa peur de parler devant les autres pour présenter ses dessins de planètes, restez confiante.
C’est une réalité mais qui va tendre à évoluer positivement pour peu que vous lui confiez quelques responsabilités, par exemple, lorsque vous faites les courses ensemble qu’il puisse demander lui-même une baguette et la payer/dans un bus, dire bonjour au chauffeur, demander un ticket, donner l’argent, dire merci/au marché, le laisser s’exprimer en votre compagnie pour commander un article/au café où au restaurant, exprimer ses envies ou demander où sont les toilettes ;
Accompagnez-le à la bibliothèque municipale mais en le laissant prendre ses livres, les amener à l’enregistrement avec sa carte, dire bonjour, merci, au-revoir, ce qui est dėjà difficile en soi et tout un apprentissage ;
Simulez une conversation tėléphonique avec votre enfant et réitérez cette expérience ;
Invitez deux-trois amis devant lesquels il montrera ses dessins puis idem avec votre famille ou vos amis avant qu’il puisse en faire autant avec sa maîtresse en classe (préparez « le terrain » avec sa maîtresse pour la rendre complice) ;
Chantez en famille puis agrandissez le cercle de chanteurs ;
Saisissez toutes les occasions de parler à votre place : cinéma, salons, expositions ;
Attendez-vous à des rėticences mais persėvėrez, restez confiante, positive et faites en sorte de banaliser en cas d’échec et d’envisager une possible fois suivante. Encourager à poursuivre dans cette voie et en faire un jeu.
Carnaval : se déguiser fait appel à une notion de plaisir que n’éprouve pas votre enfant.
Pourquoi ?
Se sent-il ridicule ? Offensé par les badauds ou les parents qui commentent le dėcilė, voire ricanent ?
Se sent-il mal à l’aise avec un dėguisement qui ne lui ressemble pas ?
En serait-il autrement s’il se déguisait en planète ?
Mon petit-fils avait le même problème.
Invitez votre petit à exprimer ses ressentis. Rassurez-le. Vous le respectez dans ce qu’il aime ou qu’il dėteste et vous le comprenez. Si besoin, vous pouvez en référer à sa maîtresse et voir s’il pourrait avoir un autre rôle dans le défilė (lancer des confettis, distribuer des bonbons, etc).
Donnez un sens à tout ceci car l’enfant précoce adhère à partir du moment où ça fait sens pour lui, où il y a un intérêt ã s’impliquer dans quelque. J’ose et où il y a de la transmission et de l’affect.
Expliquez-lui l’origine du carnaval et des traditions qui en dėcoulent, le travail manuel réalisé autour de cela, l’éveil pour les enfants, le plaisir des maītresses et des familles à voir et à conserver ces souvenirs.
Montrez-lui des reportages de carnavals autour du monde.
Heureusement, la maternelle ne dure qu’un temps.
Concernant l’ėcole, vous brossez avec justesse ce qui se passe. Votre enfant perçoit inconsciemment qu’il diffère des autres et du système. Il est un peu dans la retenue mais pourtant ne demande qu’à s’intégrer. Il se conforte dans un environnement qu’il connaît et, paradoxalement, il s’y ennuie.
Le mal-être de votre enfant exprimé le matin avant de partir à l’ėcole est à prendre en considération.
Selon moi, le saut de la moyenne section de maternelle est vivement à encourager en sachant qu’il y aura des costauds et déurés en grande section et que cela créera un décalage à prendre en compte au moment opportun.
Rassurez votre enfant. Dites-lui que vous allez l’aider à rėsoudre ses inquiétudes. Que vous allez en parler à sa maîtresse pour trouver des solutions.
Restez confiante. Vous êtes dans une adaptation constante aux problématiques de votre zébrillon et ça demande beaucoup plus d’énergie que pour tout autre enfant. Mais tous ces efforts ne sont pas vains.
En espėrant que mon expérience vous soit profitable
Cordialement.
