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Re:Différence

Re:Différence

Bonjour, ou bonsoir,  

Cela doit faire un moment que j’hésite à poster sur ce forum dans lequel j’ai pu lire des choses qui m’ont fortement bouleversée. Je suis dans le même cas qu’Isem : je n’ai jamais été diagnostiquée “surdouée” mais j’ai des doutes depuis maintenant quelques années. C’est pourquoi je souhaite entendre vos avis en partageant mon expérience et voir si elle correspond aux ressentis des adolescentes officiellement diagnostiquée EIP.

J’ai toujours senti que j’étais en décalage avec le monde que je fréquentais. Je croyais au début que ce n’était pas moi qui avait une façon anormale de me comporter mais que c’était bien mon entourage qui devait avoir un problème pour ne pas réagir comme moi je réagissais dans certaines situations. Je suis une personne dotée d’une grande sensibilité et je peux, pour une cause qui me semble juste, m’emporter jusqu’aux larmes en essayant de la défendre. Je trouvais cela ahurissant que les autres fermaient les yeux sur des thèmes qui méritaient pourtant d’être soutenus et que moi, je soutenais (comme l’injustice, l’inégalité hommes/femmes, le dérèglement climatique, les espèces animales et végétales en voie de disparition). Dans les débats, j’étais celle qui haussait le ton sans même le savoir lorsqu’il s’agissait de donner un argument. On m’a souvent traitée pour cela, d’hystérique. Les gens pensaient que j’exagérais et que je surjouais délibérement. Je n’ai jamais eu de véritables problèmes pour me faire des amis car je vis dans un environnement assez privilégié au point de vue quantitatif. En effet, nous sommes très peu nombreux dans mon lycée et cela a permis, à mes amis et moi, de tisser des liens forts entre nous. Pourtant, jusqu’à très recemment, j’avais du mal à être moi-même au sein de mon groupe d’amis. Je savais que nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêts. Quand eux parlaient de problèmes banaux liés à l’adolescence, je pensais politique. Quand ils partaient dans des délires que je jugeais puérils, je ne les suivais pas parce que je considérais que je ne partageais pas cet humour. Je pensais beaucoup trop et les sujets auxquels je m’intéressais ne les captivaient pas, même s’ils s’efforçaient de m’écouter quand je leur en parlais. Alors, même avec ceux que je connaissais depuis plusieurs années, j’essayais de me conformer. Je réfléchissais longtemps à des thèmes “normaux” que je pouvais éventuellement aborder avec eux car je savais qu’ils n’aillaient pas s’intéresser aux sujets tordus auxquels je pensais tels que les conflictualités actuelles ou l’ufologie. Je me sentais différente mais je pensais toujours que le problème ne venait pas de moi. Aujourd’hui, je me sens mieux au sein de mon groupe d’amis. J’ai appris à accepter que j’étais sûrement différente tout en occultant, sans trop le faire pour autant, certains traits de ma vrai personnalité. Quand je m’exprime, j’utilise un vocabulaire soutenu avec des mots précis et donc souvent, compliqués. Même quand je me force à employer un langage courant, j’ai des amis qui m’avouent parfois ne rien comprendre à mes discours  car même sans le vouloir, je ne peux m’empêcher de parler de manière complexe. Je compense cette situation en discutant souvent avec des adultes, dont l’esprit et la façon de penser ont tendance à se rapprocher de la mienne. Je n’aborde également pas le sujet d’une possible surdouance avec mes amis et mon entourage déjà, parce que je ne suis pas sûre d’en être dotée et aussi parce que je ne veux pas qu’on me considère comme une personne qui voudrait vanter et mettre en avant cette “intelligence” (je pars du principe que nous sommes tous intelligents mais dans différents domaines, ce qui théoriquement, met tout le monde sur le même pied d’égalité).
Puis un jour, j’ai commencé à faire mes premières crises de spasmophilie. Quand j’ai voulu en savoir plus sur cette “pathologie”, mes recherches m’ont dirigée vers d’autres maladies telles que la maniaco-dépression, le trouble bipolaire, la maladie borderline et la cyclothymie. Cela fut un choc pour moi car les symptômes de certaines de ces névroses comme la maladie borderline, correspondaient souvent à ce que je ressentais. Je croyais en être atteinte et j’en étais terriblement attristée car j’avais tellement peur de me dire que je pourrais être folle. Puis, plus récemment, mes recherches ont divergé pour diriger mon attention sur le phénomène de surdouance. J’ai longtemps pensé, comme beaucoup de personnes, que la surdouance et le génie représentaient ce même phénomène rare qui concernait de grandes personnalités telles que Mozart ou Einstein. Mais cela s’est avéré complètement faux au fur et à mesure que mes recherches avançaient.J’ai parcouru de nombreux sites en me retrouvant dans les descriptions qu’ils faisaient des “zèbres”. Ce qui explique mon intervention aujourd’hui sur cette discussion.
Pour aller plus vite et pour ne pas vous ennuyer davantage, je vais vous faire part de certains de mes comportements et traits de caractère que je ne retrouve que très rarement chez les jeunes de mon âge (j’ai au passage, 16 ans, ce que j’ai oublié de vous préciser). Je suis une mordue de musique  classique depuis mon plus jeune âge ce qui assez atypique chez les enfants et les adolescents mais cela ne m’empêche absolument pas, au contraire, d’apprécier d’autres styles musicaux. Je fais du piano depuis longtemps et j’apprends vite et retiens aisément mes partitions tout en mettant beaucoup d’émotions dans mes prestations. Je dessine aussi depuis toute petite, et je n’ai jamais compris en quoi cela était dure de retracer en dessin les courbes d’objets réels  (ce qui était un gros problème chez les autres élèves de mes cours de dessin). Je jongle entre des périodes d’hypersomnie et d’insomnie. Mon esprit bouillonne constamment sur des sujets variés mais ceux qui reviennent le plus sont les questions philosophiques et existencielles sur l’Homme et les origines de la vie  (cela m’empêche parfois, même souvent, de trouver rapidement le sommeil). J’ai une grande empathie envers les autres ce qui fait que je donne beaucoup de ma personne. Mais, je suis parfois d’humeur misanthrope car je n’ai plus foi en l’humanité ou j’ai juste peur d’autrui qui pourrait me détruire en jouant avec mes émotions qui ont tendance à déborder et que j’ai du mal à contrôler. J’ai l’impression que mes émotions fonctionnent en montagnes russes : je peux être complètement excitée et sauter partout de joie comme je peux, cinq minutes plus tard, me plonger dans une humeur et des réflexions morbides. J’écris beaucoup et comme Isem, cela est un moyen de me construire un monde merveilleux, tout ça grâce à la manipulation de la langue. J’adore les calembours, donc je joue beaucoup avec les mots, ce qui est un humour parfois peu compris ou apprécié. Par conséquent, je suis assez minutieuse quand il en vient à écrire sans fautes d’orthographe, ce que j’essaye de faire au mieux. J’ai une soif insatiable d’apprendre et j’adore les nouveaux concepts et les théories. Autre fait important, mon père est un HP diagnostiqué comme tel depuis l’enfance et me l’a appris récemment.

Je crois que je vais m’arrêter ici ou je risque de vous écrire un roman.  Je suis désolée de vous infliger un discours aussi long, qui aurait pu l’être encore plus si je ne m’étais pas limitée. Je peux comprendre que ce que je dis peut parfois paraître confus mais j’avais tellement de choses à partager avec vous. Je vous remercie tous/toutes d’avance de l’aide précieuse que vous pourrez m’apporter.  

En espérant que vous pourrez mettre fin à mes doutes, je vous dis à bientôt.  

Anomaly