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Cyrius a adressé une note au groupe
Centre Enfants Précoces il y a 6 ans et 8 mois Bonjour à tous, parents de deux garçons de 12 et 9 ans nous sommes au bord de l’explosion familiale. Le grand a toujours été perçu comme atypique par les adultes de l’entourage et le monde enseignant. La nourrice soulignait très tôt qu’il était différent car il ne jouait à rien et restait assis dans le parc à regarder. La famille et les amis le trouvent très éveillé et il surprend par sa maîtrise précoce et excellente du langage. Il est très tôt aussi un excellent lecteur avec un souci de numération qui perdure et une difficulté à faire des lacets… Le monde enseignant reproche aux deux d’être déconcentrés, et d’oublier leurs affaires. L’aîné est suivi au CAMPS et CMPP suite à une hypersensibilité et on diagnostique un syndrome d’anxiété profonde et une angoisse de l’abandon. C’est l’entrée à l’école qui nous révèle un enfant agité, inquiet, et qui va avoir des TOCS verbaux importants. A la demande d’une enseignante spécialisée venue le tester en classe, il est vu par une psy EN qui le teste pour précocité. Lorsqu’elle nous reçoit pour le bilan, qu’elle refuse de nous montrer et dont nous n’aurons aucune trace papier, elle nous dit qu’il est dans la moyenne haute de sa classe d’âge mais qu’elle n’aime pas étiqueter les enfants donc on n’aura rien d’autre que ce qu’elle veut bien nous dire. Il n’est pas précoce et elle l’a trouvé très fatigable. Par la suite, on apprend de notre enfant qu’il a arrêté le test en prétextant sa propre fatigue parce qu’il avait entendu la psy dire à l’une de ses collègues que son neveu venait de se tuer dans un accident de voiture donc il ne voulait pas l’embêter et voulait retourner vite en classe. Les enseignants s’adapteront à lui, il sera le seul à ne pas partir en classe verte en raison de son anxiété. L’entrée en sixième est un nouveau départ pour lui et il est heureux jusqu’à fin novembre où il devient malheureux et nous dit qu’il n’est plus intéressé. Il s’attendait à mieux mais ce ne sont que des révisions de CM2. L’agitation s’accentue et on nous exhorte à trouver des solutions de notre côté pour arrêter d’embêter classe et enseignants. On obtient enfin un WISC libéral pour 250€ puisque le psy EN est “débordé avec des cas bien plus problématique et doit s’occuper de l’orientation”. Entre temps, notre enfant est de plus en plus victime d’élèves de 3ème: mise dans le casier, violences physiques, bris des lunettes à deux reprises… Il sympathise avec les surveillants et passe son temps libre avec eux. Les heures de colles pleuvent pour oubli de matériel et agitation mais “pas grave maman puisque les surveillants aiment partager leurs gâteaux et on parle BD. Ça se confirme: tous les adultes ATOSS, surveillants et cuisinier l’adorent, il est génial ! C’est un sacré gamin plein d’humour ! Oui, mais pour l’intégration auprès de ses pairs, c’est moyen. Donc WISC et conners 3 qu’il part faire à reculons et résultats étonnants pour nous : il n’a pas de TD(H)A et, au contraire, en relation duelle il est au top et n’a fait aucune erreur pour compter à la fois les tirs laser et retrouver le nom de tous les animaux entendus dans l’histoire. En revanche, il est souvent en moyenne basse de sa classe d’âge, deux fois haute. Mémoire pas terrible: retient 4/10 des mots entendus et le langagier est juste moyen. Faites-moi rire ! Comment est-ce possible ? Certainement de la même manière que lorsque mon mari avait été convoqué par le médecin scolaire qui s’interrogeait sur ses capacités à lire et que l’ATSEM avait dû appuyer mon mari en disant qu’ils savait lire parfaitement depuis très longtemps. Je suis enseignante et je souffre tout autant que lui de constater que trois de ses professeurs sont odieux avec lui – et je ne me fie pas à ce qu’il me rapporte mais à ma rencontre avec eux et aux messages qu’ils me laissent sur mon répondeur : “il est insupportable, on n’en peut plus, je ne peux plus le voir, j’ai envie de jeter son sac et toutes ses affaires dans le couloir, je crois qu’il essaie de me voler (il tripote tout ce qui est à sa portée et a attrapé le stylo de la prof qui l’a placé devant son bureau), rien ne marche sur lui, il va bien falloir qu’il rentre dans le moule, et s’il partait dans une autre structure ? ” Je n’ai jamais parlé comme cela à des familles et leur animosité m’effraie dans la mesure où leur seul souci est sa déconcentration, son agitation. Il les déstabilise. Même dans les disciplines qu’il aime comme les langues et où il obtient de très bons résultats, les copies font état de remarques acerbes sur son attitude que je n’aurais jamais crues possible de la part d’un professionnel. Année après année, tout se répète comme l’instit qui en avait tellement marre parce que bien qu’agité, il retenait tout et que même en le laissant faire une autre activité loin dans la classe, elle ne parvenait pas à le piéger de son propre aveu, elle avait fini par l’oublier dans une autre pièce de l’école où elle l’avait mis par épuisement. Lorsque j’étais venue le chercher, elle m’avait regardée en se demandant où il était et c’était deux élèves qui lui avaient dit: “Mais maîtresse, c’est toi qui l’as mis dans l’autre salle cet après-midi”. 12 ans, il demande donc à être déscolarisé pour mieux travailler et se concentrer sur ce qu’il aime et ne plus être victime. L’incapacité du système scolaire actuel et le manque de professionnalisme de mes collègues brisent littéralement mon cœur de mère et de professeure. Comment certains adultes peuvent-ils le considérer comme une nuisance à éradiquer quand d’autres l’encensent et aiment sa compagnie ? Tous reconnaissent “son intelligence”.
Et puis il y a le plus jeune, que nous croyions plus classique, jusqu’à l’entré en CP où il se fait immédiatement humilié par trois petites qui le maintiennent et lui baissent son pantalon devant toute l’assemblée pour lui voler un petit bracelet végétal qu’il a reçu d’une copine. Il n’y a que deux classes donc le calvaire dure depuis 3 ans: menaces de mort, coups… Il n’est pas le seul. Elles agressent beaucoup de garçons. Tout le monde nous comprend, toute le monde tente d’agir mais on ne peut pas faire grand chose d’autre que convoquer la mère et taper du point sur la table. Un enfant a eu un traumatisme crânien, un autre des points de sutures et le mien ne pense qu’à ne pas mourir. Du jour au lendemain, il développe de nombreux tocs faciaux, et des tocs gestuels, il parle de se suicider… Le psy EN nous écoute enfin et le reçoit en urgence: WISC 5. Il est dans la moyenne haute. Un petit souci d’élocution. Très immature. Son raisonnement n’est pas banal. Il ne répond pas dans les délais impartis. Il hésite. “J’ai la bonne réponse mais… non, je crois qu’elle n’est pas bonne parce que le concepteur du test n’a pas pu quand même mettre à 4 reprises la réponse 5 comme bonne réponse donc je dois me tromper pourtant je pense que j’ai raison”. Il n’est pas précoce mais on peut lui faire sauter une classe s’il s’ennuie. Réponse de mon fils: “Hors de question, sinon je vais entrer au collège avant mes copains!” Alors il refuse désormais d’entrer dans les activités proposées et ses résultats chutent depuis deux mois. Il est passé du tout doit être parfait au millimètre près à un je-m’en-foutisme total alors qu’il ne supportait pas d’avoir un “En cours d’acquisition”.
Tous deux sont de très gros lecteurs, des boulimiques, et ce n’est plus que leur seule source de désir et de plaisir avec le chant pour l’un et le dessin pour l’autre. Au revoir l’école ! Sauf que pour le second, en plus de l’école, les crises deviennent légion à la maison: violences verbales du matin au soir et refus du non, de la demande, de la consigne. Colères et larmes durent des heures. Il nous tyrannise et a même tapé sa grand-mère qui ne veut plus le garder. Il appuie sur les failles de chacun et fait mouche à tous les coups verbalement. La psycho-clinicienne qui le suit nous conseille une psychothérapie avec une consœur. Il a fait de la microkiné, il ira au shiatsu mercredi. On aura à peu près tout essayé et nos finances fondent devant toutes ces tentatives. Parfois on se dit qu’ils sont évidemment précoces mais parfois on se demande aussi s’ils ne souffrent pas d’autre chose. Comment les aider ? Comment aider l’école ? Allons nous voir le bout du tunnel? Quelle en sera la fin, s’il y en a une ? Nous sommes convaincus de leur potentiel mais il est encore loin le temps “hors de l’école” et on se demande s’ils ne seront pas trop abîmés pour que ce potentiel leur serve et qu’ils soient heureux.

Je compatis et vous souhaite beaucoup de courage, mon fils à maintenant 17ans et je crois être passée par un certain nombre de mêmes étapes et autres à venir. Tout pareil et sans moyens financiers pour que mon enfant aille dans des établissements adaptés qui prennent en compte sa différence ( des témoignages mont montré que cela peut faire une différence) . Comme l’éducation nationale a l’obligation d’adapter son enseignement, il est possible de trouver des “modes d’emploi ” à destination des enseignants jusqu au collège mais les rares enseignants prêts à sortir du moule sont contraints par le poids des autres, une omerta. Certains ont la possibilité d être présents pour une école à la maison, cela peut être une solution.Je crois ,et je persiste, que la douance est un don , le moule et l’école en faisant un handicap.la pensée salvatrice est que le plus important est qu’ils soient heureux, tant pis pour le moule traditionnel, le parcours traditionnel.je crois qu’il faut qu’ils soient conscients de leur différence afin peut être de mieux comprendre tous les autres.sinon, un peu de lecture peut aider et la conscience que beaucoup d’autres partagent les mêmes choses.des bisous de courage à vous et vos merveilleux enfants.