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Activités

  • clemence.gonzalez a adressé une note au groupe Logo du groupe Confinement, coronavirus et enfants précocesConfinement, coronavirus et enfants précoces il y a 6 ans et 3 mois

    Bonjour à tous,

    C’est la première fois que je m’exprime dans un groupe, mais à ce jour avec l’école à la maison, mes questions se multiplient.

    Pour essayer de vous expliquer un peu, je suis l’heureuse maman d’une fille de 4 ans qui ne semble pas en retard. Avec son papa, nous avions décidé de la faire scolariser à 2 ans et demi (septembre 2018) en TPS. Elle était propre depuis 6 mois, parlait déjà bien, connaissait déjà les couleurs, les chiffres jusqu’à 5…ce genre de chose. L’année s’est très bien passé. La maîtresse était top. 2 jours après la rentrée, elle venait déjà à moi pour me faire part de ses compétences. Ma fille a donc finalement suivi le programme de PS. Elle adorait l’école, y allait volontier et comme une grande sans comprendre les pleurs des autres enfants… La conclusion de l’institutrice: “je ne m’inquiète pas pour elle, c’est finger in the nose pour elle”

    Cette année, changement d’école pour une rentrée en PS. Je transmet le cahier de compétences de l’année précédente à la maîtresse (qui pour info est aussi la directrice). A la fin de la première semaine, ma fille pleure, ne veut plus aller à l’école. Refuses de dormir le soir pour ne pas aller à l’école à son réveil, elle dit clairement s’y ennuyer. Plusieurs fois, j’essaie de me rapprocher de l’enseignante que je sens débordée par d’autres enfants (entre ce que j’entends en tant que RPE et ce que me raconte ma fille), ma fille étant calme et obéissante, j’en déduis qu’elle est un peu mise à l’écart indirectement. Sa chance, elle est dans une classe PS/GS et elle capte beaucoup ce que font les grands.

    Avec les problèmes de sommeil qu’elle rencontrait en octobre dernier, nos consultations pédiatre à fait naître l’hypothèse de précocité sans aboutir sur un quelconque diagnostic car on me dit qu’elle est trop jeune pour être testée, qu’il faut pour le moment que je me rapproche de la maîtresse pour des aménagements. Cette dernière semble retissante et manque de pot pour ma fille et moi, le rdv avec la maîtresse a été annulé car prévu au début du confinement.

    Comme beaucoup de parents, je me retrouve à faire l’école à la maison. Je vois bien que ma fille ne pend pas plaisir à faire les exercices transmis par la maîtresse. Je mixe donc avec des choses de MS voir GS pour conserver la motivation. Pour précision, en ce moment, elle fait des additions simples seules, veut écrire en coursives, décortique les mots, cherche les rimes… Elle a toujours été curieuse sur tout, en ce moment, elle porte son intérêt sur la santé au sens large (coronavirus, maladie, bébé et grossesse, la mort…)

    Je précise que je suis éducatrice spécialisée de formation. Je travaille à mon compte auprès d’enfants en situation de handicap. J’ai donc beaucoup de matériel à la maison dont ma fille se sert souvent, au début par curiosité puis par envie. J’ai de plus pu suivre plusieurs formations concernant, entre autres, diverses méthodes d’apprentissage. Je n’ai jamais fait travailler ma fille, au sens strict du terme, mais je répond à ses curiosité et interrogations.

    Ma question principale est qu’est ce que je peux faire car j’ai peur de creuser davantage encore l’écart qu’elle a avec ses pairs ? Est ce que je fais correctement en allant vers ce qui semble davantage lui correspondre et la combler ? Que faire avec cette maîtresse quand l’école reprendra ?

    Merci d’avance à ceux qui liront et /ou répondront.

    Bonne soirée à tous

    Désolé pour mon pavé, mais il me semblait important que vous ayez un historique pour comprendre mieux mes questions.

    • Bonjour
      Je ressens mes propres inquiétudes dans votre message. Mon petit bonhomme a eu 4 ans fin février. Son grand frère et sa grande sœur sont HP, donc je n’ai aucun doute pour notre petit dernier. Il a fait un an et demi en ambiance 2-3 ans dans une école Montessori. Son éducatrice nous a dit qu’il aurait pu intellectuel, rentrer en 3-6 le jour de ses 4 ans, mais il est tellement émotif qu’il est resté dans sa petite classe jusqu’à la fin de l’année dernière. Il est rentré en 3-6 en septembre. L’école est agréable, un petit village plein d’enfants autonomes, du beau matériel,… Il connaît les lettres grâce aux alphas depuis l’été dernier (les vieux alphas de son frère) et nous a surpris en faisant lui même des jeux d’analyse des sons dès l’automne. J’ai dit à plusieurs reprises à l’école que mon petit s’intéressait beaucoup aux lettres (moins aux chiffres) et qu’il aimerait découvrir les lettres cursives (à Montessori on commence par ça). Aucune réaction. Mon petit, à de nombreuses reprises, a voulu emmener ses alphas à l’école pour « continuer de les apprendre ». Le matin c’est dur, il ne veut pas aller à l’école et rester à la maison. (Son frère et sa sœur sont déscolarisés depuis septembre et novembre, ils suivent le CNED, et moi je ne travaille qu’à mi-temps). Et le confinement est arrivé. Je lui ai fabriqué du matériel Montessori, je lui ai acheté des lettres rugueuses, j’ai imprimé, plastifié,… Je suis professeur des écoles à mi temps en petite section, j’ai heureusement du matériel à la maison. Mon but était de la faire travailler une heure à deux heures par jour. Je veux qu’il avance à son rythme, mais je veux aussi lui donner le sens de l’effort, en même temps que du plaisir (tâche complexe!). Je suis crevée (avec en plus son grand frère de 10 ans, qui est en sixième, et qui déteste les cours). A ce jour mon bonhomme lit des mots simples, il commence à lire des mots de 4 lettres. On voit que ça lui demande des efforts pour certains mots, mais quel bonheur de voir son sourire lorsqu’il s’aperçoit qu’il a percuté la magie des lettres. Il retourne la carte (cartes de la série rose Montessori, qu’on trouve en ligne) et voit au verso l’image du mot qu’il a lu. Il compte et dénombre de mieux en mieux, comprend le sens de la dizaine… Je vais peut être trop vite par rapport à ce qui est demandé en petite section, mais j’ai en ce moment un petit garçon hyper épanoui à la maison. Autant passer ces semaines de la sorte. Comme tout le monde on ne sait pas s’il reprendra l’école cette année, mais je songe à le garder à la maison l’an prochain. J’ai déjà demandé une disponibilité pour m’occuper de mon grand, faire de la musique et réfléchir sur mes pratiques d’enseignement. Avec du recul, je trouve ça épouvantable de freiner un enfant. Ma fille aînée ne disait rien, elle laissait passer le temps. Elle a eu des maîtresses fantastiques en cp et CE1. En CM1 elle a du changer d’école, s’est repliée sur elle-même, en arrivait à lire un roman par jour sur le temps scolaire (en attendant les autres). En cm2 on ne l’a voyait plus, cachée dans ses romans, elle ne voulait plus aller à l’école. On n’a rien vu venir. En sixième ils l’ont fait passer en sixième dès le mois d’octobre, mais ça n’a pas suffit, elle a craqué et n’a plus voulu y retourner à la fin de la cinquième. Elle s’épanouit maintenant au CNED, la musique lui prend beaucoup de temps. Son frère, lui, en est arrivé à décrocher et être dégouté de l’école. Maintenant c’est difficile de le faire travailler. Donc, un pavé moi aussi, mais c’est pour justifier ma vision des choses actuelle. Pou moi ne pas donner à manger à un enfant qui en demande c’est une horreur. Après, test ou pas, on voit bien où en sont les choses. Mais les enseignants ont peur de voir ces choses.

      • Merci de votre témoignage. A vous lire, je vois bien les similitudes concernant le fonctionnement de nos enfants (même si ce n’est pas bien de comparer car chacun son rythme) Ma fille a eu ses 4 ans début février. Vous m. Avez fait repenser à son cahier de compétences…. La maîtresse en a refait un tout neuf. Les appréciations libres sont justes magiques à lire en tant que maman, en revanche les compétences validées ou les dates de réussites ne représentent pas du tout son savoir-faire. Par exemple, elle écrit seule certains mots sans modèle dont son prénom et on la cantonne à son initial… Bref…
        Je n’aimerais pas (en tout cas à ce jour) lui faire l’école à la maison car sur le plan social je trouve que cela lui apporte quelque chose. C’est une enfant plutôt calme, assez timide de prime abord. Physiquement elle a la taille d’un enfant de MS voir certains GS. Beaucoup de ses copains sont d’ailleurs des enfants de MS/GS. C’est une enfant assez populaire auprès des plus jeunes également. Elle apprécie pouvoir être l’exemple ou être la 1ère à réussir (bon oui je sais c’est pas top l’esprit de compétition sur-dimensionné à cet âge) mais ça la booste… En revanche, on prête tellement peu à ses réussites à l’école (si je peux dire ça comme ça) qu’elle en fait le bébé pour avoir de l’attention et même là, on lui répond qu’elle sait le faire donc qu’elle doit le faire seule… C’est le bon équilibre de tout ça que je souhaite pour elle.
        Émotionnelle ment parlant, c’est un peu une éponge, même si elle peut se montrer incompréhensive à certaines choses (ex: d’une camarade qui réclame ses parents à la sieste, elle sent le mal-être de l’autre petite donc va aller la réconforter et m’en parler mais ne comprends pas pourquoi elle agit comme ça, pour elle ce n’est pas normal (au sens pas dans son fonctionnement à elle) À la maison, elle peut se mettre à pleurer si elle croit avoir fait une bêtise ou elle peut baisser vite les bras sans encouragement devant une tâche nouvelle (ex: quand il a fallu apprendre à se déshabiller seule) Elle est malgré tout obstinée car elle veut réussir et bien faire.

        Est ce que je dois lui faire faire des tests pour que cette maîtresse fasse enfin quelque chose ? Dois je passer par la psychologue scolaire sans l’aval de cette première ? Une école privé ou différente est impossible pour nous d’un point de vue financier donc… Bref autant de questions qui se bouscule et qui ne trouve pas de réponse.

        Son papa me dit que je réfléchi trop que pour le moment elle va bien et que je la comble avec ce que je fais avec elle (présente 3 soir après l’école, les mercredis et la moitié des vacances en général) jeux, lecture, exercices… À sa demande.
        J’avoue m’inquièter pour le “quand cela ne suffira plus” quand elle sera justement au point de non retour à l’école… Je me sens bien seule face à tout ça…

        Encore un pavé… Désolé… Qui en plus ne partage pas tout ce qui traverse ma tête.